SEMAINE 02 - Sur orbite !


Arrivée grand spectacle sur la Station Delta (Flash movie).
Dans la fumée qui se dissipe, les dix graphonautes réalisent qu'un épisode inoubliable de leur vie vient de s'ouvrir dans le silence de l'espace.
Le souffle un peu court, les yeux écarquillés, ils pensent aux dix semaines à venir, jusqu'à ce qu'un robot les sorte de leur transe pour les guider, en babillant d'inutiles paroles de bienvenue, dans les profondeurs de la Station Delta.

Tweetoz, robot causeur.
Et une semaine plus tard…

Cliquez sur les Graphonautes pour lire leur " Message à la Terre, 1ère Semaine "
Pour les dix graphonautes, la semaine qui vient de se dérouler a représenté un véritable kaléidoscope de sensations et d'images.
Chaque matin, un robot les a cueillis au saut du lit pour une visite guidée dans les entrailles de l'astéroïde. A peine le temps d'enfourner un sandwich et de vider un thermos de mauvais café lyophilisé, les voilà filant à travers les coursives dans de petites graphomobiles à lévitation magnétique, pour une présentation expresse des différents projets en cours sur la Station Delta.

Jungle Vectorielle en espace sémiobiotique "
…Et les journées de se dérouler dans une suite de visions fantastiques, et de commentaires à peine compréhensibles, mitraillés par les vocoders enjoués de leurs guides :
" La Jungle Vectorielle exploite une substance d'expression sémiobiotique soumise à prolifération d'articulations formelles. Celles-ci sont générées automatiquement par reproduction semi-chaotique… "
" Aïe ! ça doit faire mal ! " remarque Pifou, provoquant le rire clair de Clot et Bochausson, tandis que deux ou trois visages plus sérieux, dans l'assistance suivent avec attention et sans trop se faire remarquer, les différentes explications.
Par chance, le spectacle est souvent impressionnant même quand le commentaire se noie dans les cliquetis et vrombissements divers qui rebondissent sur les immenses parois cavernicoles de l'Astéroïde. Et partout, des robots, de toutes tailles et de toutes fonctions s'activent dans un étrange ballet improvisé : ici sortant d'un tunnel, là disparaissant dans une anfractuosité, glissant sur un fil de lumière, ou plongeant dans un puit sans fond… Multitudes machiniques formant d'harmonieuses cohortes, leurs méticuleuses trajectoires réglées par de micro-programmes indépendants…

" La Ferme des Pixels ", sans pixels, pas d'image. Sans ferme… pas de pixels…
Quelques images surnageant, parmi tant d'autres : leur graphomobile s'arrête devant un projet intitulé " Ferme des Pixels ". Le trois filles du groupe, mues par une même pulsion jaillissent des habitacles et se précipitent au milieu des stalak-pixs colorés, en sautillant comme au Jeu de Marelle, en chantant quelque quatrain sans queue ni tête. Attendris, les sept garçons les regardent s'ébaudir. Il y a dans cette scène quelque chose de primitif et d'ancien qui les émerveille. Le Jardin des Pixels… tel un paradis céruléen où dansent d'antiques Grâces…

" Parc Radial ", zone de flou radial, ralentir !
…Ou encore la traversée du Parc Radial, avec un arrêt express sur le bas-côté, quelques-uns s'étant plaints d'un haut-le-cœur :
" Ne vous inquiétez, pas M. Feyd, c'est sûrement un effet de flou ! ", lui jette le guide-robot d'un ton rassurant.
" Ça ressemble plutôt à un effet de piquette, si vous voulez mon avis…"
Hilare, Sami a lancé sa vanne sans méchanceté, mais voilà que deux ou trois autres congénères se lèvent avec précipitation :
" Caramba, ne me sens pas si bien, moi non plus ! " dit Jeneverito.
" Moi idem ! " dit Sebastien.
" Et moi itou ! " dit Hadja.
" Elle est pas nette, votre planète ! " proteste JiF en rejoignant le groupe et en se pliant en deux dans un affreux borborygme.
Cinq minutes après, le groupe s'est retrouvé pour la première fois réuni par un immense et joyeux éclat de rire !

L'ASTROFREUD du docteur Annecat.
Et le défilement accéléré des jours continue, comme si les organisateurs cherchaient délibérément à les étourdir, à moins que la sensation provienne du rythme naturel que la faune robotique imprime aux lieux - car la Station semble s'être vidée de toute présence humaine, à part celle d'Annecat, la psychologue de l'Académie, qui les accueille tour à tour dans son Astrofreud , le petit salon de consultation à propulsion autonome qu'elle range soigneusement dans un local bouclé à double tour après chaque consultation. Sa voix douce, attentive aux moindres inflexions de ton, contribue beaucoup à rassurer les Graphonautes, qui se retrouvent chaque soir dans leur chambre aux parois nues, épuisés par la frénésie des horaires et l'effet de la micro-gravitation.

Une communication de M. Tylor Pajoz, directeur de l'Académie Delta.
Enfin, jeudi soir, après une semaine en orbite, la voix du directeur de l'Académie, M. Tylor Pajoz résonne dans les coursives, précédées de quelques chuintements et craquements de haut-parleur :

" Bonjour, les amis, j'espère que vous allez bien… Je vous parle de Coconino City, où le temps est exécrable, soit dit en passant…
Tout d'abord, nos excuses les plus plates pour l'absence d'encadrement humain. Les bots ont dû vous l'expliquer mais tous les chercheurs de la Station sont actuellement en réunion extraordinaire. Cas de force majeure. Nous espérons que les choses rentreront dans l'ordre rapidement. Par ailleurs, certains de vos espaces de vies sont encore inaccessibles. Nos senseurs ont détecté la présence de quelques traces de champignons vénusiens dans l'atmosphère, rien d'inquiétant, bien sûr, mais nous préférons nettoyer vigoureusement les lieux. Le grand Salon sera ouvert jeudi prochain. En attendant, je vous propose de décorer vos chambres, et de continuer à vous habituer aux effets de la micro-gravité.
A vendredi prochain ! "
Julie est excusée, elle a le mal de l'espace !